Epreuves qualificatives
Une matinée passée à faire le bien dans le lycée avait empli le c½ur de Romain de joie et de bonne humeur. Il tenait à partager ce sentiment avec le monde entier. Et pour commencer, il savait exactement ce qu'il devait faire. Il se rendit l'après-midi même chez son ex-petite amie, Alicia. Il devait l'aider, il devait lui redonner l'envie de vivre, l'envie d'avoir des amis.
-Bonjour, fit Romain lorsque la mère d'Alicia vint ouvrir après qu'il eut sonné.
-Oh, bonjour, Romain. Il y avait longtemps que l'on ne t'avait pas vu.
-Oui, je sais. Nous avons eu quelques petits problèmes, Alicia et moi.
-Elle ne m'en a pas parlé. Mais entre donc, tu ne vas pas rester dans le froid.
Romain se déroba à la présence de la mère d'Alicia et se dirigea vers la chambre de la jeune fille. Il toqua à sa porte qui ne s'ouvrit pas.
-Alicia ? Tu es là ?
Aucune réponse.
-Alicia, s'il te plait, ouvre-moi.
Il toqua à nouveau à la porte.
-Je t'en prie. J'aimerais te parler, Alicia... Bon, je suis d'accords, je n'ai pas été très clean avec toi. Mais... Quand je t'ai vu là... Je... J'ai péter un plomb...
-Et tu as décidé de m'en faire baver... Fit-elle par delà la porte.
-Je sais, je n'aurais pas dû. S'il te plait. Tu te souviens, avant les vacances de Noël, après notre engueulade, je t'ai croisé dans le couloir et je t'ai proposé de l'aide. Ce n'étaient pas des paroles en l'air. Je tiens vraiment à t'aider.
Il entendit un cliquetis et la porte s'entrouvrit. Il hésita quelques instants puis la poussa. C'est ainsi qu'il pénétra dans une chambre sombre et petite, dont le seul mobilier consistait en une commode et un lit. Alicia, vêtue d'un T-shirt très ample, cachant le seul sous-vêtement qu'elle portait sur le bas de son corps. Romain se sentit mal alaise et ne put réprimer le début d'érection qui perçait dans son pantalon. Il se remit les idées en places, il n'était pas là pour mater... Alicia était assise sur son lit, les bras entourant ses genoux repliés sous son menton. Elle se balançait d'avant en arrière, les yeux fixés sur la couverture de son lit.
-Alicia... Est-ce que tu veux me parler ?
-Non.
Ces paroles furent suivies d'un bref silence.
-Ecoute, je voulais m'excuser pour tout ça.
-Mais c'est trop tard maintenant ! Tu n'imagine même pas comment on me traite au bahut.
-Pardonne-moi, je t'en prie. Mais pourquoi tu fais tout ça ?
-Je fais quoi ? Pourquoi je me tape des gars ? Pourquoi je m'habille comme une pute ? Pourquoi quoi ?
-Pourquoi tu laisse Arthur jouer avec toi de cette façon ?
-Je l'aime.
-Mais pas lui ! On ne traite pas une femme de cette façon si on l'aime.
-Qu'est-ce que t'en sais ? Il parait que tu n'es pas un modèle d'homme non plus.
-Je...
Elle avait raison.
-Je sais, je ne suis pas le mieux placé pour parler de ça. Mais moi, je ne demanderais jamais à ma copine de se taper d'autres types, juste pour satisfaire mes plus basses pulsions.
Alicia leva la tête vers lui pour la première fois depuis qu'il était entré.
-Ecoute, je ne peux pas changer ce que j'ai fait, mais je peux t'aider. Raconte-moi ce qui ne va pas. Je veux t'aider.
-Romain, tu ne peux pas m'aider, d'accord. Tu veux que je te dise quoi ? Que ma vie est un enfer ? Que personne ne m'aime ? Que mon copain est un salaud ? Mais si c'est ça que tu veux entendre, voilà ! C'est fait. Maintenant tu peux partir.
-Je refuse. Je sais que tu ne vas pas bien. Tu t'habille comme une gothique, tu t'es fait faire un tatouage. Tu reste avec un gars qui te transforme en pute. Et j'ai vu que tu te scarifiais.
Dans un mouvement reflexe, Alicia se cacha les avant-bras de ses mains et baissa la tête. Les marques étaient fraiches, faites récemment.
-Ne te cache pas. Pas devant moi. Je ne juge pas. Je veux juste t'aider.
-Mais m'aider à quoi ?
-A aller mieux...
-Personne ne peut m'aider, soupira-t-elle.
-Personne ne veut essayer... A part moi !
-Et pourquoi ? Pour soulager ta conscience ? Pour te déculpabiliser de ce que tu m'as fait ?
-Non, absolument pas. J'ai vu ta détresse, et je me suis dit que je ne pouvais pas te laisser comme ça.
-Alors c'était vrai ?
-Quoi donc ?
-Que tu as dit à Jessica de me prendre dans son équipe pour le concours. C'était de la pitié ?
-Non, bien sur que non ! Jess voulait te prendre dans son équipe, mais elle hésitait à cause du... Différent, qu'on a eu tout les deux. Alors je lui ai dit que si, il fallait te prendre. Que ce serait bien pour toi.
Alicia garde le silence puis :
-Merci, Romain.
-Alors, raconte-moi, qu'est-ce qui ne va pas ?
-Il y a tellement de choses. Je ne sais pas quoi te dire, par où commencer.
-Commence par le début...
-Je n'ai pas toujours été comme ça. Avant j'étais une fille modèle, j'avais des bonnes notes. Puis j'ai grandi, j'ai ouvert les yeux et j'ai comprit. J'ai comprit pourquoi ma mère ne me disait jamais rien, pourquoi mon père n'était pas là. Lorsque j'étais plus jeune, mon père est venu une nuit dans ma chambre, dans cette chambre... Il s'est approché de moi et...
Elle laissa sa phrase en suspens. Romain était sur d'avoir comprit, il ne voulait pas l'entendre le dire, il ne voulait pas qu'elle se force à la dire. Il se sentit très mal, pourquoi l'avait-il forcé à parler ?
-Il est venu vers moi, je ne dormais pas encore. J'ai sentit les relents d'alcool qui émanaient de son haleine. Il s'est penché sur moi et à posé sa main sur mon épaule. Puis il m'a soufflé des insanités. Il m'a traité de tous les noms, me disant que j'étais une salope, une petite pute. Que je n'avais rien à faire là. Ce jour là je n'ai pas comprit. Je me suis mis à pleurer, il a quitté ma chambre. J'ai vu ma mère dans l'encadrement de la porte. Elle n'a rien dit. Je lui en ai voulu. Et ce jour là, j'ai commencé à changer. Je travaillais moins bien, je m'habillais en noir. Ma mère m'a laissé faire. Elle devait savoir que je l'avais vu. Que je l'avais vu ne rien faire. Quant à mon père, je l'ai vu battre ma mère lorsqu'il buvait. Mais moi, je n'existais pas à ses yeux. Lorsqu'il me regardait, c'était du dégoût que je voyais. Il me haïssait, et il me hait toujours. J'ai un jour demandé à ma mère pourquoi mon père ne m'aimait pas, pourquoi il n'était pas un vrai père pour moi. Elle m'a avoué toute la vérité. Elle m'a dit qu'il n'était pas mon père. Alors, que mon père et ma mère étaient mariés depuis deux ans, ma mère est tombée sur un homme qu'elle connaissait du lycée. Un ancien petit ami. Ils se sont vus pendant quelques temps, puis ma mère a trompé mon père avec cet homme. Elle est tombée enceinte. Mon père a changé du tout au tout. Il me voyait comme l'image de la faute de ma mère. Pour lui je ne devais pas exister. Mais moi, je voulais un père. Je n'ai pas eu de présence masculine pour me faire avancer. Quand je suis entré en 5ème, un type de 3ème m'a piégé et ce fut ma première expérience sexuelle. Puis j'en ai eu d'autres avec d'autres types. Toujours plus con, toujours plus obsédés. Ils savaient tous ce que je pouvais leur offrir, que je couchais facilement. Puis il y a eu Arthur, qui m'a transformé en ce que je suis maintenant. Une pute... Oh, je sais ce que tu es en train de penser. Et je suis d'accord, d'autres personnes ont une vie bien plus dure que moi. C'est peut-être égoïste, mais dans le cas présent, c'est MA vie, pas la leur. Je ne suis peut-être pas la plus triste au monde, mais je ne veux pas me comparer aux autres. Ma vie est ce qu'elle est, je souffre, et tout le monde s'en fout.
Romain le regarda, il s'attendait à ce qu'elle se mette à pleurer, mais rien. Pas une larme.
-Je ne pense pas ça du tout. Oui, ta vie n'est pas la plus belle et je te comprends. Je suis désolé.
-Désolé pour quoi ?
-Je ne savais pas.
-Evidemment que tu ne savais pas. Mais maintenant que tu sais, j'aimerais que tu restes le seul...
-Je te le promets.
-Maintenant tu sais, tu comprends.
-Oui, je comprends.
Romain laissa un silence.
-J'aimerais que tu arrêtes. Je sais, c'est peut-être facile à dire, ou hypocrite de ma part. Mais... Je sais pas... Laisse ce connard, trouve toi quelqu'un de bien, quelqu'un qui ne te traitera pas comme une pute. Reste avec nous. Manu, Céline, Jessica, moi.
-Tes amis ne voudront jamais de moi, souviens-toi de tout ce que tu as fait circuler...
-Justement ! En te voyant avec moi, ceux qui nous connaissent changeront d'opinion. On leur fera comprendre que c'était une connerie. Alicia, je t'en prie. Reste avec moi.
Alicia se leva et lentement, se dirigea vers Romain. Il put contempler ses jambes magnifiques, il se mit à s'imaginer en train de les caresser de...
Alicia serra Romain contre elle. Et ce fut pour lui comme la toute première fois qu'elle l'avait serré, au lycée, quelques mois auparavant. Tout comme ce jour là, il sentit son sexe grossir dans son pantalon. Il tenta du mieux qu'il put d'écarter son bas ventre d'elle sans qu'elle ne s'en rende compte. Alicia approcha sa bouche de l'oreille du garçon et lui susurra un remerciement avant de le rapprocher d'elle jusqu'à comprimer son sexe contre elle. Romain ne savait pas quoi faire, comment les choses allaient-elles tourner ? Alicia approcha ses lèvres de celles de Romain. Elle entrouvrit sa bouche, se rapprocha, encore, encore...
-Qu'est-ce que tu fais ? Chuchota-t-il.
-Je me trouve quelqu'un de bien...
Elle l'embrassa, entourant sa langue de la sienne. Puis, elle tira Romain vers le lit où elle l'allongea avant de se mettre à cheval sur lui.
-C'est à la demande d'Arthur ?
Alicia eut un moment d'hésitation et baissa la tête.
-Il m'a abandonné. Lorsque tu es partit après lui avoir cassé la gueule, il m'a repoussé violement contre le mur et a quitté ma maison. Alors tu n'as rien à craindre à ce sujet.
Elle se coucha sur lui, laissant ses mains se balader vers son entre-jambe.
-Je suis vraiment tombée amoureuse de toi, Romain.
Romain était très excité, mais aussi totalement déboussolé. Il ne savait pas du tout quoi faire. Il ne l'avait encore jamais fait. Il était bien conscient qu'il ne devait pas coucher avec elle, mais il n'arrivait pas à l'en empêcher. La pression qu'exerçait son pantalon lâcha sous les doigts avisés d'Alicia, puis, lentement, elle se mit à retirer sa petite culotte. Il vit son sexe dans toute sa splendeur, il vit, pour la première fois, un sexe féminin. Il était là, et dans quelques secondes, il serait à l'intérieur.
Elle appuya l'entrée de son sexe sur celui de Romain et...
Les épreuves de qualification au concours venaient de débuter. Romain faisait équipe, comme prévu, avec Céline et Manu. Alicia était à la table voisine, en compagnie de Jessica et son copain. Elle ne cessait de jeter des regards en direction de Romain, qui s'évertuait à ne pas les lui rendre, à éviter de penser à cet après midi. Il se concentra sur les questions qui leur étaient posées. Toutes les sections étaient en train de répondre aux mêmes questions, espérant atteindre le même but : la qualification. Romain, Céline et Manu se concertaient pour chaque réponse, cherchant calmement les solutions. Ils répondirent à tout, des questions de sports aux questions d'Histoire en passant par les langues, rien ne leur échappa. Après toute une matinée, ils rendirent leurs feuilles, convaincus d'avoir produit quelque chose de très bon. Puis ils se dirigèrent vers le self pour prendre des forces avant la reprise des véritables cours.
-Bonjour ! Fit Pessotto en début de cours.
Au fil de l'année qui avançait, le prof était devenu moins sadique, mais il n'en était que plus sévère. Et c'est un nombre assez considérable de bilans qui se trouvaient sur son bureau en ce jeudi après-midi.
-Avant de commencer la leçon d'aujourd'hui, je dois vous distribuer cette feuille.
Il prit un paquet de doubles pages vert pastel sur son bureau et les distribua à chacun.
-Ces feuilles sont vos fiches d'orientation. Jeunes gens, il est temps pour vous de faire vos choix pour votre avenir. Il vous faut vous décider entre une 1ère S, une 1ère ES et une 1ère L. Vous trouverez avec vos fiches une feuille récapitulative des différents cours que vous aurez dans chaque section, ainsi que les barèmes qui leur sont accordés lors de l'examen terminal. Maintenant que j'ai fait mon devoir administratif, je vais vous demander de ranger tout ça et de prendre vos affaires, nous allons commencer le cours. Nous allons entamer un chapitre de géologie, à savoir les séismes et les volcans.
Il commença alors à parler du sujet prédit en hurlant comme à son habitude sur Alexis, qu'il avait pris dès le début de l'année comme exemple.
-Romain, chuchota Manu. Qu'est-ce qu'il y a ?
-Quoi ? Rien... Tout va bien, pourquoi ?
-Tu crois que j'ai pas remarqué ton manège avec ton ex, ce matin ?
-Elle s'appelle Alicia. Mais quel manège ?
-Silence au fond. A moins que vous ne voudriez faire le cours à ma place ?
-Excusez-nous, monsieur, répondit Manu.
Puis, se retournant vers Romain :
-Elle n'a pas arrêté de chercher ton regard, et toi de l'éviter. Ne me dis pas que j'ai tord.
-C'est vrai, vint ajouter Céline. Je l'ai remarqué aussi.
-Bon ! Ok ! Je vais tout vous raconter. Mais on peut pas plutôt en parler en maths, tout à l'heure. Parce que là, j'ai pas trop envi de me faire prendre par Pessotto...
Il se tourna alors vers le prof et se concentra entièrement dans le cours, ignorant la présence de ses amis.
Mais il ne put échapper à leurs questions au cours suivant, installés comme à leur habitude au fond de la salle.
-Vous savez, samedi, y'a eu le conseil.
-Oui, et je ne sais pas si tu t'en souviens mais on y était aussi....
-Ouais bon ça va ! Et bien après le conseil, je suis allé chez Alicia.
-Tu as fait quoi ? Fit Céline, surprise.
-Je me sentais mal d'avoir colporter ces ragots. Le jour où on a était renvoyé en allemand, si je suis arrivé en retard, c'est parce que je lui parlais. Je l'ai croisé dans le couloir avant d'aller en cours et elle pleurait. Et je me suis sentit très mal... Samedi, sous le coup de l'euphorie, je me suis rendu chez elle et je lui ai demandé de se confier à moi. On a parlé, je me suis excusé, et là... Ca a dégénéré.
-Tu veux dire quoi par « dégénéré » ? Fit Céline avec une pointe de jalousie dans la voix.
-En fait quand je suis arrivé, elle était plongée dans le noir de sa chambre et vêtue d'un grand T-shirt et d'une petite culotte. Ca m'excitait. Puis elle m'a parlé, je l'ai écouté, elle a voulu me remercier. Elle a enlevé sa culotte, défait mon pantalon puis est venue sur moi.
-Tu as couché avec Alicia ? S'écria Céline, baissant vite la tête sous les regards accusateurs des élèves autour.
-Non. Justement, c'est pour ça que je me sens mal.
-Attends, reprit Manu. Tu veux dire qu'elle était nue, à cheval sur toi, nu aussi, et que tu n'en as pas profité ? Là tu m'épate.
-Je ne voulais pas coucher avec elle puis lui dire que je ne voulais pas sortir avec. Elle m'a avoué qu'elle m'aimait vraiment.
-Evidemment ! Fit Céline, comme énervée. Elle voulait que tu la baise !
-Mais calme-toi, Céline. On dirait que tu t'énerve. T'es jalouse ou quoi ?
-Pas du tout, Romain !
Puis elle se mit à fixer l'exercice du livre qu'ils devaient être en train de travailler, bien décidée à ne plus leur accorder un mot ni même un coup d'½il durant tout le temps qu'il restait du cours de maths, mais écoutant avec attention la suite de la discussion.
-Mais maintenant je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas quoi lui dire.
-Ca s'est passé comment ?
-Elle est venue, elle a posé l'entrée de son sexe sur le mien et a commencé à descendre.
Céline toussa.
-Et là je l'ai arrêté. Je lui ai demandé de ne pas faire ça, et je suis partit.
-Comme ça ?
-Non, je me suis rhabillé avant.
Romain eut un sourire.
-Mais qu'est-ce que je peux lui dire ?
-La vérité, tu ne l'aime pas, tu ne veux pas t'amuser avec elle.
-Je lui ai déjà dit, ça.
-Alors je ne peux rien te conseiller d'autre. Je ne sais vraiment pas quoi te dire.
-Merci quand même.
-Y'a quand même un truc qui me chagrine, reprit Manu. Elle est venue comme ça, sans protection ?
-Tu veux dire...
Romain désigna du doigt son entre-jambe et Manu acquiesça de la tête.
-Aucune. C'est vrai que maintenant que tu m'en parle... J'ai bien fait de refuser.
Céline toussa de nouveau.
Romain échangea un regard avec Manu et leva les épaules. Ils s'étaient comprit...
-En tout cas on a bien parlé. Et je lui ai proposé de trainer avec nous de temps à autres.
Céline eut comme un hoquet, un sursaut. Elle leva la tête de son exercice une fraction de seconde, pour mieux y replonger, le visage rougie. Elle était vraiment jalouse...
-Enfin... Je me suis dit que ce serait mieux pour elle. Que ça l'aiderait à aller mieux. Elle ne demande que ça. Mais ce n'est pas du goût de tout le monde... Ajouta-t-il à l'adresse de Céline.
-Evidemment ! Elle tente encore de te piéger, elle te sort le coup de la fille amoureuse et triste, et toi tu tombe dans le panneau.
-Alors pour toi c'est une salope sans nom et point barre ?
-C'est exactement ça !
-La manipulation, tu ne connais pas ?
-Bien sur ! Ce n'est pas elle qui décidait, c'était lui ! Alors je m'excuse, tu as raison, ce n'est pas une salope mais une conne.
Ils commençaient à hausser la voix, tant et si bien que Manu dû les calmer avant que le prof ne leur fasse une remarque.
-De toute manière tu ne pense qu'avec ta bite ! Elle te fait des avances, tu ne réfléchis plus.
-Mais pourquoi t'es jalouse comme ça ? C'est ma vie sexuelle. Tu as la tienne avec ton copain. Si tu n'es pas heureuse tu t'en prends qu'à toi ! C'est toi qui as repoussé mes avances. Et maintenant tu me fais une scène parce que je veux aider une fille qui en a besoin ?
-Elle n'a pas besoin d'aide ! Elle a besoin de sexe ! Mais ça tu ne le comprends pas, aveuglé que tu es par ta bite et tes boules.
-Tu me saoule, Céline ! Lâche-moi, tu veux.
La cloche retentit sur ces mots et Romain se dépêcha de ranger ses affaires pour partir avant ses amis. Il ne voulait plus parler avec Céline. Il ne voulait plus la voir, l'entendre. Elle ne comprenait rien. Il avait fait souffrir une fille inutilement, il se devait de l'aider.
Leur dernier cours était physique-chimie. Il s'installa, commença à copier le cours, mais ne prononça pas un mot en faveur de ses amis.
Le trajet de retour en bus se fit dans le même silence.
Il ne se remit à parler que le soir, pendant le souper, en présence de ses parents.
-Si on fait du mal à quelqu'un qui nous a fait souffrir, mais qu'on s'aperçoit qu'elle nous a pas fait souffrir intentionnellement et qu'on peut l'aider à aller mieux parce qu'elle va pas bien du tout, est-ce qu'il faut l'aider ?
-Oui, c'est mieux de l'aider.
-Mais si ça plait pas à nos amis parce qu'ils sont convaincus qu'elle nous a fait souffrir de sa propre initiative ?
-Ecoute, je doute que Manu et Céline t'en veuille d'aider Alicia...
Romain hésita quelques secondes.
-En fait Manu n'a rien contre. Mais Céline agit bizarrement, elle est comme jalouse du fait que je veuille aider Alicia.
-C'est normal. Pendant des années elle a été le seul élément féminin stable autour de toi. Elle était la seule amie fille que tu avais. Elle avait en quelques sortes le monopôle. Et tout d'un coup, Alicia apparait et tu sors avec. Là elle se dit qu'elle va peut-être te perdre. Ensuite tu la quittes. Céline est heureuse, même si elle ne le montre pas. Maintenant tu veux l'aider, donc elle a peur que tu ne la délaisse au détriment d'Alicia, expliqua sa mère.
-Mais elle n'a pas le droit d'être jalouse ! Elle a un copain. Et c'est elle qui m'a dit non. Moi je suis toujours amoureux d'elle. Elle ne peut pas m'empêcher de voir d'autres filles alors qu'elle a Arnaud.
-Nous sommes d'accord avec toi, répondit son père. Il faut que tu lui en parle. Soit franc avec elle, dis-lui que tu ressens encore quelque chose pour elle s'il le faut. Mais dis-lui bien qu'elle ne doit pas interférer dans ta vie sentimentale.
-Oui. Je crois que je vais faire comme ça. Mais je veux pas la perdre. Elle reste ma meilleure amie.
-Tu ne la perdras pas, ne t'inquiète pas. Si elle est vraiment ton amie, elle comprendra.
Après le repas, Romain envoya un message à Céline, lui disant qu'il fallait qu'il lui parle absolument...
FIN
2008
A suivre...