_Non ! Je te l'ai déjà dis, Alicia !
_Mais oui ! Bon je vais en cours ! Ciao !
_C'est ça, casse-toi !
A peine Romain avait-il prononcé ces mots qu'il s'en mordait les doigts. Il observa Alicia, sa petite amie, partir, totalement impuissant.
_Et merde ! lâcha-t-il.
Manu arriva dans son dos et lui donna une tape sur l'épaule.
_Alors vieux ! Tu veux louper le cours ?
_Arrête, Manu, s'il te plait.
_Hey ! Qu'est-ce qui t'arrive ?
Mais il compris rapidement ce qu'il se passait.
_Oh ! Putain ! Tu viens encore de ta taper une engueulade avec elle, c'est bien ça ?
Romain acquiesça de la tête.
_C'est pas vrai ! Vous êtes ensemble depuis deux semaines, et vous vous engueulez sans arrêt...
_Je sais, pas la peine de remuer le couteau dans la plaie.
_Mais est-ce que tu l'aime ?
_Quoi ? Oui... Je crois !
Manu soupira.
_Alors tu ne l'aime pas...
_Mais... Si, je ne veux pas qu'elle me quitte. Je suis amoureux...
Céline arriva à ce moment.
_Amoureux ? Encore ? Qui c'est, cette fois ?
_Il parle d'Alicia, répondit Manu.
_Je comprends, vous venez encore de vous engueuler !
Elle passa son bras autour du coup de son ami.
_Ecoute vieux, je sais pas comment tu fais, ce que tu lui dis... Mais merde, c'est pas possible de passer son temps en disputes. On ne se dispute jamais avec Arnaud.
_Ouais ! C'est bon ! J'ai capté ! Je suis une merde et je ne sais pas m'y prendre avec les meufs...
_Et si tu commençais par arrêter de nous appeler "meuf" ? le coupa Céline.
_OK ! Ca va ! lâchez-moi maintenant !
Il partit seul, dans le couloir, en direction de leur prochain cours, allemand. En plus Romain détestait ce prof. Un petit moche, barbue et garnie d'une calvitie partielle. Le genre de type qui prend son pied en se foutant de la gueule des élèves. Il s'arrêta devant la salle et entra en trombe, jetant son sac sur sa table, puis il tira sa chaise et s'assit.
_Et bien, M. Ducarbai, quelque chose ne va pas pour que vous arriviez si tôt dans mon cours ? Votre amie vous a quitté ? Elle s'est enfin aperçut que vous n'étiez qu'un bon à rien, même pas capable d'assurer de bon moment avec elle ?
Romain se leva tellement rapidement que sa chaise se renversa.
_Et bien quoi ? Vous êtes énervé ? la vérité vous fait souffrir ?
Romain entendit pouffer sur le côté de la classe. C'était Alexis. Il ne s'était pas aperçut de sa présence. Les deux êtres humains au monde qu'il aimait le moins se trouvaient là, face à lui, et il était seul pour les affronter.
_Vous êtes minable, Ducarbai. Vous le savez, n'est-ce pas ?
Romain s'avança vers son prof, prêt à lui encastrer la tête dans le bureau. Il se foutait qu'Alexis soit là. Il se foutait que ce petit con soit témoin. Et s'il se mettait à broncher, il ne se gênerait pas pour lui faire subir le même sort. Il regarda le petit chauve, là, impuissant derrière son bureau. Il serra les points, le fixa droit dans les yeux. Il se mit à déverser toute sa haine dans ce regard et remarqua de la peur dans celui de l'homme en face de lui. C'est à ce moment précis, au moment où Romain se trouvait à moins d'un mètre de Radou, au moment où il arma son poing, que Céline et Manu entrèrent, rapidement suivis par les autres élèves du groupe d'allemand. Manu ne mit pas plus d'une seconde à réaliser et à réagir. Il se rua sur son meilleur ami, lui attrapa les bras et les lui colla dans le dos. Puis il le traîna jusqu'à sa place pour l'asseoir. Radou se redressa sur sa chaise et se racla la gorge.
_M. Ducarbai, je crois qu'une petite punition calmera vos nerfs. Vous ne pensez pas ? REPONDEZ-MOI !
_Non, je ne pense pas ?
_Apportez-moi votre carnet de liaison ! Non ! Mieux, M. Chapy, apportez-moi son carnet. Lui, il est trop énervé, il risquerait de se blesser...
Alexis ne prit pas la peine de cacher son rire.
_Et bien, un petit avertissement discipline sera parfait sur votre carnet et sur votre dossier scolaire. Et le motif ? Violence envers un professeur. Approchez-vous, M. Ducarbai.
Romain s'exécuta.
_Et ne vous inquiétez pas pour le rapport que je vais devoir faire au proviseur, chuchota-t-il de sorte que seul Romain ne puisse l'entendre. Je saurais improviser pour que vous payiez cher votre acte.
_Espèce de...
_Attention ! N'aggravez pas votre cas, c'est un conseil.
Il rehaussa la voix.
_Retournez-vous asseoir, maintenant.
Le cours fut un supplice, tout comme le reste de la journée. C'était le jeudi et Romain dut supporter aussi la journée du vendredi. Mais le pire n'était pas encore passé...
Voulant s'excuser, Romain alla chez Alicia le samedi après-midi. Il sonna à sa porte, cherchant que dire. Ce fut Alicia qui lui ouvrit. Elle était vêtue de noir, comme à son habitude, mais ses habits, d'ordinaire assez soignés, étaient débraillés.
_Coucou chérie, dit Romain.
_Salut.
_Tu vas bien ?
_Ouais !
_Je... Je tenais à m'excuser, j'ai était un gros con.
_Oui ! Bon, c'est pas tout, mais j'ai du boulot. Désolée mais faut que je rentre.
_Hein ! ? Alors je repasserais demain.
_Non, ce n'est pas la peine. Je 'aurais pas fini mes devoirs.
_Bon... Ok ! Alors à lundi.
Il s'approcha d'elle et l'embrassa. Mais son baiser était froid.
Le lendemain, dimanche, il alla quand même chez Alicia. Il ne pouvait supporter de ne pas la voir. Il sonna à la porte, comme la veille, mais cette fois-ci, ce fut sa mère qui ouvrit.
_Tiens ! Bonjour, Romain. Entre. Alicia est dans sa chambre. Il y a déjà un copain à vous qui est là.
_Merci.
Il alla en direction de la chambre de sa copine. Un copain ? Mais qui cela pouvait-il être ? Et n'avait-elle pas dit qu'elle voulait bosser ?
Il entra dans la chambre et fut frapper de stupeur. Il n'en crut pas ses yeux. Il ne voulut pas en croire ses yeux. Alicia, SA petite amie était là, en soutient gorge, dans les bras d'un autre gars, la main dans le pantalon de ce dernier, tous deux allongés sur le lit. Alicia sursauta à son entrée et se hâta de retirer sa main.
_C'est qui lui ?
_Oh ! Bonjour chéri.
_Je t'ai posé une question, fit Romain d'un ton froid.
_Tu dois être Romain, dit l'autre gars, lâchant Alicia.
_Tu me connais, donc ? Mais pas moi...
Puis sans ajouter mot il se rua sur lui et lui asséna un coup de poing dans la figure. Ce coup le démanger depuis le cours d'allemand. Alicia sauta du lit et lui hurla d'arrêter.
_Mais t'es malade !
_Pardon, je te retrouve la main dans son futal et je ne dois rien dire.
_Je t'avais dit de na pas venir.
_Oui pour avoir tout le loisir de baiser avec ce connard.
Il se retourna et attrapa le gars, toujours allongé sur le lit.
_Alors, elle était bonne ma meuf ? Tu t'ais bien vidé les boules ? Maintenant je vais te ravager.
_Pauvre con ! Alicia est MA copine ! Toi tu n'ais qu'un pion. Elle est avec moi depuis trois mois.
_Quoi ?
_Oui ! Elle s'est mise avec toi après.
Il se tourna vers Alicia.
_C'est vrai ? Mais pourquoi ? Pourquoi ?
_Pour m'amuser ! J'aime jouer avec les gars !
_Et moi ça m'excite de la savoir avec un autre gars ! De l'imaginer en train de se faire troncher par un autre.
_Bande de malade.
Il se rua à nouveau sur lui et le ravagea à coup de poing puis le laissa au sol, le nez en sang.
_Et ta mère ? Elle sait que t'es une salope.
_Elle ne sait même pas que je sort avec Arthur.
_Sale pute !
Il sortit de la chambre, claquant la porte.
En arrivant au bahut le lendemain, Romain ne rigolait pas, contrairement à son habitude. Aussi Céline se rendit compte que quelque chose clochait.
_Et ben, qu'y a-t-il ?
_Elle m'a trompée...
_Quoi ?
_Alicia ! Cette petite pute m'a trompée.
Il lui raconta toute l'histoire.
_Putain, il sont spéciaux !
Elle prit Romain dans ses bras et il lui rendit son étreinte. Arnaud se racla la gorge, pour montrer qu'il était là et montrer que les bras de Céline lui revenaient de droit. Il se lâchèrent aussitôt.
_Mais je ne vais pas me gêner, je via lui faire une réput' de salope.
Il se tourna vers Jessica.
_Et toi, tu n'aurais pas pu e le dire ?
_Je ne savais pas, Romain, je te jure, dit-elle de sa voix perdue.
_Alors pour te faire pardonner (il lui adressa un clin d'½il), tu vas m'aider à transmettre la nouvelle. Toi, t'as de l'influence dans le bahut...
Et c'est ainsi qu'Alicia fut connue dans le lycée comme une sainte-nitouche, une allumeuse qui ne couche pas. Et pour une fille, il n'y a pas pire que cette réputation là dans un lycée...
En rentrant chez lui le soir, il avait une mine plus réjouie que la veille.
_Alors, tu as l'air heureux, ça s'est arrangé avec ta copine ? lui demanda sa mère.
_Oh ! Oui ! pour s'être arrangé, ça s'est arrangé...
FIN
2007
A suivre...